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Maysaa Alamoudi, journaliste saoudienne : délit de bonne conduite

Paris Match | Publié le 30/10/2019 à 02h00 De notre envoyée spéciale à Washington Clarence Rodriguez

Ancienne militante du droit de conduire, cette battante a vécu, fin 2014-début 2015, deux mois et demi de détention sur lesquels elle a promis de ne jamais rien révéler. Son tort : avoir pris le volant. Exilée aux Etats-Unis, elle pense chaque jour à ses amies qui ont aussi voulu braver l’interdiction de conduire quelques semaines avant… son autorisation. Depuis, elles paient leur « audace » d’une peine de prison indéterminée pour « terrorisme » ! 

La Mecque à Washington, en passant par Dubaï, Rome… la route fut longue et cahoteuse pour Maysaa Alamoudi, saoudienne trentenaire. Pour cette ancienne militante du droit de conduire, le parcours n’a pas été une autoroute. La jeune femme, pugnace et déterminée, vit depuis deux ans aux Etats-Unis. C’est dans sa maison bleue et zen du Maryland, à Fort Washington, à 35 kilomètres de l’effervescence de la capitale américaine, qu’elle et son mari Yasser me reçoivent. Pas d’enfants mais deux chats et un chien. Un accueil « à la saoudienne », avec cette hospitalité et cette gentillesse légendaires. Cela me rappelle Riyad…
Cette rencontre, je la dois à Latifa, militante saoudienne de la première heure. Son amie d’enfance. Sa confidente, elle aussi originaire de La Mecque. Cet entretien est le premier accordé par Maysaa à la presse internationale depuis cinq ans. Ces dernières années, elle a appris à se méfier. Dans ce royaume, les femmes ne sont jamais reines, elles naissent mineures et meurent mineures. Maysaa remercie tous les jours son frère aîné, Fahad. A la mort de leur père, il est devenu le tuteur de la famille. Sans lui, sans son autorisation, elle ne serait jamais partie à Dubaï en décembre 2006, elle n’aurait jamais réalisé son rêve d’adolescente de devenir journaliste.

Une journaliste réfléchie, passionnée, élégante. le choix de Maysaa s’est imposé sans hésitation

Sur la chaîne arabe Al-Hurra, financée par le Congrès américain, elle présente tous les jours la tranche info du soir, de 18 heures à 22 heures non-stop. Un JT regardé par plus de 22 millions de téléspectateurs, y compris dans les pays du Golfe. Elle a mis deux ans pour faire ses preuves, s’intégrer dans une rédaction. C’est une bosseuse, une ambitieuse. Des qualités chez toutes les Saoudiennes rebelles qui refusent de subir le diktat masculin. Alberto Fernandez, le big boss, est dithyrambique : « Un joyau ! Une journaliste réfléchie, passionnée, élégante. Je connaissais son passé d’activiste, son arrestation. Nous n’avions pas de présentatrice saoudienne, le choix de Maysaa s’est imposé sans hésitation. »…….

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